Autrefois, la radio et la télévision étaient révolutionnaires comme l'est Internet aujourd'hui et à l'époque la France avait une conception plutôt étatique de la fameuse maison ORTF (office de la radio et de télévision française). Je me souviens de cette époque où quotidiennement la marseillaise ouvrait et fermait l'antenne (avant l'ère de la programmation non-stop). Il était naturel et légitime d'avoir un ministère de l'information dans le rôle de la tutelle de l'ORTF qui lui dictait tout et gérait les comptes de la maison. Il était d'une part inconcevable de priver l'autorité politique de la faculté de censurer les ondes et d'autre part il était sacrément incongru de croire à l'époque que la radio et la télévision puissent être une industrie commerciale à part entière (certes le terme business modèle n'existait pas encore, mais tout de même!).
Est-ce une nostalgie du passé ou désemparé (?), toujours est-il qu'en France on applique aujourd'hui, plusieurs décennies après le dernier épisode ORTF, les mêmes recettes d'autrefois, cette fois à l'Internet.
On ne peut qu'être favorable à l'émergence d'une présence propre face au défi voire à l'arrogance du projet Google Print. De mener en Europe un ou des projets similaires pour scanner les bibilothèques basées en Europe de toutes les disciplines afin de les accéder via Internet et donc à la quintessence du savoir et de la culture, est certainement une des plus nobles tâches de modernisation à réaliser rapidement mais il est dommage que ce soient 1) essentiellement des réflexes de peur qui créent l'envie de ce projet et 2) que l'on continue de croire dans la vieille Europe que savoir, culture et business sont incompatibles. D'ailleurs, on ne le croît pas seulement, on le vit. L'initiative privée n'ayant toujours pas montré le bout de son nez de ce côté de l'atlantique pour ce type de projet, c'est un staff bureaucratique sidérant qui va se taper le boulot, "le comité de pilotage" , voir l'excellent récapitulatif du blog de formats-ouverts.org ICI..
Je ne vais pas me contenter de critiquer, je travaille au montage d'un projet dans ce domaine en Suisse.